pumucklPumuckl (one-man band de Stéphane Lhérault) est un artiste discret. Discret car il n’écume pas les scènes, sans doute parce qu’on ne lui en propose pas assez. Malgré cela il écrit et compose toujours et il revisite à sa manière certains titres d’artistes qui jalonnent son univers musical.

Pumuckl, comme laudanum et David Fakenahm, saluera la mémoire de Mark Linkous via la compilation en hommage à Sparklehorse initiée par Les Disques Normal. Il reprendra Sea of teeth, extrait de Wonderful life.

Pumuckl est aussi à nouveau l’invité du webzine A Découvrir Absolument qui prépare le réenregistrement de l’album #3 de Diabologum. Il s’attaquera au titre phare du groupe toulousain, celui qui donne son nom au site géré par Gérald de Oliveira.

Avant de découvrir la quinte envoyée par Stéphane, je rappelle que le musicien a croisé le chemin de laudanum. Cela a donné un split single disponible gratuitement ici.

lou et après on verraLou, Et après on verra

D’abord une évidence, le nouvel album de Lou. Parce que Lou est sans doute la rencontre musicale la plus forte que j’ai faite dans ma petite « carrière » depuis ce jour on nous avons partagé la scène de la Bellevilloise, il y a maintenant 4 ans. Et après et on verra, est un album court, minimaliste, comme le dernier fil fragile qui nous rattache a ce qu’a été l’« esprit lithium », c’est-à-dire à cette esthétique furtive qui au début des années 90 a irrigué les tous premiers albums de Dominique A, Jérôme Minière et Mendelson. C’est à la fois profondément intime (une femme abandonnée, dans un monde d’hommes) et courageusement engagé. Cette confrontation entre des mots crus et cette voix calme, habitée par le temps et l’expérience, laisse derrière elle une empreinte de résignation et de nostalgie magnifique. Ce que je trouve beau et presque dérangeant, c’est qu’au final, ce point de vue de femme est presque inentendu aujourd’hui, en tout cas marginal. Ce qui me touche paradoxalement, c’est tout ce que je ne partage pas avec ce disque, ce que je ne comprends pas de cette dame qui chante. Tout ce qui nous sépare.

http://www.myspace.com/loumymusic

 

programme - agent réelProgramme, Agent réel

Si je n’en parle pas, qui le fera… Arnaud Michniak et son compère, après plus de six ans d’absence, n’ont rien abandonné de leur intransigeance. Piqûre de rappel à l’ordre, en quelque sorte. Les retrouvailles avec programme sont peut être convenues, on a parfois le sentiment de ressasser. L’album solo de Michniak avait été une très belle respiration, un moment de constat distancié, désabusé mais sans colère. Agent réel scelle le retour à une esthétique de la révolte. La seule révolte sincère, celle que l’on dirige contre soi-même.

http://www.myspace.com/prgrmm


Jonsi - goJónsi
, Go

Même si cet album ne prendra pas les amateurs de Sigur Rós a contre-pied, mon affection naïve pour les islandais me fait sombrer dans l’indulgence vis-à-vis de ce premier « vrai » album solo de Jonsi (si on zappe la dérive « ambiant » de Riceboy Sleep). Le chanteur poursuit l’aventure là où il l’avait laissé avec Sigur Rós, en continuant d’explorer un versant pop plus direct tout juste défriché dans la première moitié du dernier album du groupe. Même s’il faut reconnaître qu’il peine un peu à renouveler son écriture et son chant, les single sont efficaces (Boy lilikoi, Go do) et on trouve quelques morceaux de bravoure (Tornado, Kolnidur) qui ne feraient pas tache au milieu de Kid A. Une belle étape de carrière, ou de transition, en attendant la suite.

http://www.myspace.com/jonthorbirgisson

 

Dananananaykroyd - hey everyoneDananananaykroyd, Hey everyone

C’est un premier album qui commence à dater mais que je remets sur le tapis car il ne m’a pas vraiment quitté cette année. L’album le plus frais, le plus juvénile, le plus décomplexé que j’ai découvert depuis bien longtemps et qui mérite bien plus d’attention que le nouveau Foals (groupe très proche des dana) qui peine à aligner une bonne mélodie. Bref, danananananakroyd, c’est la synthèse idéale entre At the drive-in, Fugazi, Sonic Youth et The Cure.
C’est quelque part entre un groupe de hard-core dans un monde ou il n’y aurait que des Fender Stratocaster et une groupe de pop mélodique sophistiquée d’ados survoltés qui veulent absolument tous gueuler dans les micros. C’est un album funambule, qui prend tous les virages a fond sans jamais se vautrer, qui contrôle tous ses excès.

http://www.myspace.com/dananananaykroyd

 

Metallica - Death MagneticMetallica, Death Magnetic

Soldes, bac de déstockage massif dans les supermarchés de la musique et séance de rattrapage pour les disques invendus et (car) outrageusement chers à leur sortie. J’en rajouterai pas des couches mais dans le lot des disques d’été achetés a pris d’or, le dernier de metalloche, estampillé fff de ces snobinards de Télérama (ouf, j’ai le droit d’écouter !), met la barre haute.
1/ Ulrich + Hetfield reste la section rythmique la plus hallucinante du monde.
2/ Rick Rubin aux manettes, en optant pour une production sèche et agressive, souligne a merveille la fougue retrouvée des quinquas.
3/ la pochette (une tombe vide), dont le mauvais goût esthétique n’échappera a personne, nous dit tout des ambitions du skeud : retour aux sources, aux deux piliers trash de la discographie métaloche (les amateurs pourront s’amuser à piocher les références), Master of puppets et And justice for all. Pari réussi, ni plus ni moins. Et nostalgie adolescente.

http://www.myspace.com/metallica