La quinte de Milkymee
Émilie Hanak aka Milkymee (photo : malgosKA) n’aimerait pas que je l’estampille uniquement comme une artiste folk. D’autant que cette voyageuse aime tant se nourrir d’univers musicaux différents. D’ailleurs, lors de son récent passage au Japon pour une résidence à la Villa Kujoyama, la jeune femme s’est également initiée à la musique traditionnelle de ce pays. Influence que l’on pourrait retrouver sur son troisième opus.
Mais je mets la charrue avant les bœufs ! tout d’abord, qui est Milkymee (l’origine du nom est à découvrir sur son blog) ? Milkymee est une musicienne française qui a longtemps vécu en Suède (c’est peut-être un détail pour vous, mais pour elle ça veut dire beaucoup) et qui a publié deux albums : Songs for Herr Nicke sorti en 2006 et To all the Ladies in the Place With Style and Grace (via Tsunami Addiction) paru au début de l’année 2010 et qui est un projet autour des femmes qui lui sont chères. Sur ce disque d’ailleurs, certains titres plus agités (Snowballing, Screwdriver, The girl next door) viennent balayer la mention folk que l’on pourrait, par paresse, coller sur les stickers pour le vendre (d’où ma remarque introductive).
La preuve sonnante… Avec l’excellent Screwdriver…
Milkymee est aussi l’auteur de la bande son de Domaine, le film réalisé par Patric Chiha.
L’artiste tournera cet automne un peu partout en France. Toutes les dates se trouvent sur son site.
Émilie nous a concocté une petite sélection de rentrée dans laquelle on retrouve une vieillerie de bon aloi…
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Raymonde Howard – For All The Bruises Black Eyes Peas (We Are Unique Records/La Baleine Prod., 2010)
Laëtitia alias Raymonde Howard organise de super concerts à Saint Étienne avec son label Angry Ballerina. Elle fait aussi des disques fascinants. Ce deuxième opus est jalonné de morceaux impeccables, lazy, brillants, avec cette voix toujours si honnête… Avec sa machine à loops, Raymonde pose des lignes mélodiques partout où il reste de la place, sans jamais que l’on soit rassasié. A ne surtout pas rater sur scène si elle passe par chez vous.
La voici au coin du feu, sans sa loop station… Un grand moment de grâce!
http://www.myspace.com/raymondehowardmusic
Serafina Steer – Change is Good, Change is Good (Static Caravan / Differ-ant, 2010)
Serafina est une anglaise que j’ai rencontrée il y a quelques années alors que nous jouions pour le même festival, Le Vent des Forêts en Meuse. Elle avait donné un concert fabuleux dans une église. Nous avions passé quelques jours à vivre dans des caravanes disséminées dans la forêt. Il y avait une atmosphère très belle, comme si le temps était en suspend. Le soir, on se racontait des histoires de fantômes en grillant marshmallows au feu de bois et elle jouait de la harpe. Un jour son van a retraversé La Manche et elle avec, mais sa musique est restée. Lorsque j’ai reçu son dernier album cette année, c’est avec beaucoup d’émotion que je l’ai découvert. Par fainéantise on la compare souvent à Joanna Newsom, harpiste oblige. Le magazine Mojo dit d’elle qu’elle est la réponse anglaise à Laurie Anderson, je trouve la comparaison justifiée.
http://www.myspace.com/drumstreetsefa
(Serafina Steer sera sur la scène du Lieu Unique à Nantes le 16 octobre 2010)
Pavement – Wowee Zowee (Matador, 1995)
Nous sommes en 1995 et je viens d’avoir 14 ans. Pavement sort son troisième album, Wowee Zowee, ce ne sera pas son plus gros succès. Mon frère JB (du groupe dDamage) ne touche pas encore à l’électro, il joue de la basse et ses cheveux sont peroxydés. Nous parlons très peu, mais je lui pique ses chemises à carreaux et ses cds. Sonic Youth, The Breeders, Pussy Galore, My bloody Valentine, Beck, Bikini Kill… Il en avait tant. Wowee Zowee de Pavement est sans nul doute l’album qui m’a le plus marquée et aussi celui qui me replonge dans les heures les plus stupides de mon adolescence. On navigue entre tracks lo-fi-je-m’en-foutistes et envolées surf rock hallucinées… Ce grand foutoir étrangement cool est une pièce renversante de poésie et d’humour, de nonchalance et de classe. Une sublime leçon d’incohérence!
http://www.myspace.com/pavement
Boulder dDash – Alien Folk Trash (Angelika Koelherman, 2003)
Je contourne la déontologie en force: ceci est un vieux disque de mon grand frère Jb (déjà mentionné plus haut!). Je ne suis donc pas du tout objective là dessus. J’ai beaucoup voyagé cette année et avoir cet album avec moi, c’était un peu comme emmener mon frangin dans mes valises. Le chant est mal assuré, le son est pourri, les fausses notes nombreuses, et étrangement tout ces défauts deviennent très vite les qualités de cet ovni musical. il y a sur Alien Folk Trash une mélancolie et un son qui ne ressemblent à rien de connu et qui n’ont jamais été réentendues depuis. Derrière l’apparente naïveté de ce disque et toutes ses failles (que mon crooner déglingué assume comme un vrai mec) on découvre des mélodies riches et soyeuses, des rythmes complexes, soniques.
Un extrait, Chair…
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
http://www.myspace.com/ddamage
Comme si ce joyau brut ne se suffisait pas à lui même, Boulder dDash offre avec Alien folk trash un second disque, en format mp3 cette fois, intitulé The Dark side. Les influences hip hop y sont assumées à fond et la production est encore plus pourrie.
Gil Scott-Heron – I’m new here (XL / Naïve, 2010)
Après une absence de 16 ans le poète et pionnier du spoken word Gil Scott Heron est revenu cette année avec l’album I’m new here. Sa voix ample, éraillée et désormais âgée raconte sa vie avec une sincérité lumineuse, qui touche profondément. Avec Gil Scott Heron je me souviens que la musique n’est pas juste un truc qui s’écoute.
http://www.myspace.com/revolutionwillnotbetelevised
Petit bonus…



[...] http://www.atticawebzine.com/2010/08/la-quinte-de-milkymee/ [...]
Je veux te marier. Très bons goûts de musique, milky! Nous nous somme rencontre à Malmö il y a 3 ans. Kommer du ihag killen som inte kunde spela basketball? Kram!
Hej Anders! Visst kommer jag ihâg! Tack sâ mkt! Mais je suis déjà mariée ou presque… Elle s’appelle Julia et elle c’est une fille super