Douglas is cancelled : satire glaçante sur le monde de la télé

2024 – Royaume-Uni
Créée par : Steven Moffat
Casting : Hugh Bonneville, Karen Gillan, Ben Miles, Alex Kingston, Madeleine Power, Mohammed, Simon Russell Beale
Douglas is Cancelled est une mini-série créée et écrite par Steven Moffat et disponible en France depuis le 27 février 2025 sur arte.tv.
Elle raconte l’histoire de Douglas Bellowes, un journaliste TV expérimenté et respecté de tous qui subit une shitstorm (en bon français : une tempête de merde, autrement dit une vague de critiques négatives) sur les réseaux sociaux, après avoir fait une blague sexiste. Cette histoire aurait pu être un simple épisode d’une vie médiatique bien remplie, mais elle va déclencher dans la rédaction des réactions inattendues et extrêmes.
Steven Moffat, que l’on connait bien pour ses brillants scénarios de Doctor Who ou Sherlock fait encore des merveilles dans cette courte série de quatre épisodes.
Tout commence comme une comédie satirique, dans laquelle Douglas, interprété avec toute la bonhomie de Hugh Bonneville (vu dans Downton Abbey), ne semble pas prendre la mesure de l’ampleur du scandale qui arrive. Tiraillé entre sa femme autoritaire, sa coprésentatrice manipulatrice, son agent cynique, et son producteur paniqué, il ne sait pas où donner de la tête, et se laisse ballotter entre les unes et les autres…
Douglas is Cancelled : Mise à mort du monstre sacré
Mais au fil des épisodes, l’ambiance change, et la comédie satirique cède sa place à un huis clos tendu où les rapports de force se renversent et où les personnages changent de statut.
Tout réside dans la force des dialogues de Moffat. Il met en scène des joutes verbales dans lesquelles chacun se renvoie la balle avec précision et efficacité.
Karen Gillian, (qui a longtemps travaillé avec Moffat sur Doctor Who) est Madeline, la coprésentatrice de Douglas. Ici elle interprète avec talent cette jeune femme ambitieuse et forte qui profite de ce scandale pour faire éclater une vérité encore plus sombre. Elle passe ainsi du rôle de manipulatrice à celui de victime, puis de vengeresse… imperceptiblement. Elle est véritablement formidable dans ce rôle taillé pour elle.
C’est d’ailleurs une des forces de cette série, outre son écriture au cordeau : tout son casting est excellent, de Ben Miles à Madeleine Powers, en passant par Alex Kingston, et chaque personnage est écrit avec verve et intensité.
Tous ces éléments renforcent alors le propos de Moffat : qui est le plus méprisable, les manipulateurs, les agresseurs, ou ceux qui détournent le regard ?
Bande annonce de la série
Source des images : captures d’écran


