tree yel foxYel Fox fut un temps Ted Fox, mais en réalité c’est toujours un garçon prénommé Julien qui a porté successivement ces deux alias. Yel Fox n’est pas un inconnu des lecteurs de ce blog. Julien – qui fut un temps le porte voix de Gravity Slaves, l’un des ingrédients indispensables à toutes salades de bruits fabriquées sur la scène Orléanaise – participe régulièrement aux différentes propositions que je soumets aux artistes (quinte, bilan, etc).

Yel Fox a sorti qccp, un disque collaboratif de fort belle tenue. Cette actualité est donc l’occasion de le solliciter à nouveau pour présenter cette réalisation (photo : Thierry Thibaudeau).

Interview qui peut être lue en écoutant le disque…

Tu as changé de nom de scène récemment. Tu étais Ted Fox, te voilà devenu Yel Fox. Que s’est-il passé ?

Il s’agit d’une histoire de droits d’auteur avec un musicien homonyme américain, il s’agit de son vrai nom… Ce changement de nom est tombé finalement pas si mal, juste avant la sortie de qccp.

Quel musicien étais-tu avant Ted Fox et Yel Fox ?

Ted Fox est un projet solo indy folk, avant j’étais dans un groupe punk hardcore, cela change fatalement la manière d’aborder tout un tas de choses. Avant Ted fox j’étais chanteur « mains libres », il a fallu que j’apprenne la guitare et que je reprenne des risques sur scène, je l’ai fait en autodidacte, comme je l’avais fait pour la voix 10 ans auparavant.

Le but a été d’avoir le minimum de dichotomie entre ce que je souhaitais exprimer et ce que j’étais, me mettre à poil… avec juste la langue anglaise comme dernière protection. J’ai donc, à l’époque, eut le parti pris de faire un album sans rythmique, juste des voix et des guitares.

Après un projet solo épuré qui était nécessaire pour moi, il y a donc Yel Fox, j’ai proposé qccp à des gens qui ont suivi, le principe étant qu’un morceau était le résultat d’une collaboration, pour un ensemble de 6 morceaux.

J’ai voulu créer un melting pot musical, je me suis finalement retrouvé avec de la guitare sèche et électrique, de l’électro, de la trompette, du trombone, du mélodica, de la cornemuse… Le challenge a été d’essayé de rendre le tout cohérent.

Quoi qu’il en soit, Il y a comme un fil continu entre mon ex-groupe, Ted fox, Yel Fox et mes autres projets.

Tu viens de publier un nouvel album intitulé qccp. Peux-tu nous donner la signification de cet acronyme ?

qccp veut dire quarter circle common project. Le common c’est pour spécifier que ce n’est pas uniquement un album solo dans lequel je suis entouré de gens avec qui j’avais envie de bosser, mais que ce sont des compositions communes. Le project parce que c’est un projet qui va s’étaler dans le temps en quatre phases, quatre cd. D’où le quarter circle.

C’est un projet collectif. Comment t’es venue cette idée ?

L’album ted fox étais très auto-centré, à l’époque j’avais un désir de simplicité en terme de formation, de solitude et de contrôle dans la création des morceaux.

Sur ce coup là , j’ai eut envie de faire participer sur le même CD des musiciens d’horizons différents, laisser place à l’aléatoire et à la rencontre, et puis tester des choses que je n’avais jamais faites, comme des morceaux électro-folk par exemple.

La pochette de qccp est de Thierry Thibaudeau, artiste vidéaste notamment pour Josef Nadj, elle est aussi importante pour moi que les morceaux.

Comment s’est déroulée la création des morceaux ?

J’ai voulu qu’il y ait un maximum de spontanéité. Je suis arrivé volontairement presque les mains dans les poches chez les gens, quitte à passer pour un faignant, pour laisser le maximum de liberté au co-compositeur et que le morceau évolue selon les désirs de l’un ou l’autre (sur les instrumentations, les choix musicaux, etc)…

Chaque rencontre a donc été différente en termes de choix de création. Les lieux aussi ont été différents : en appartement, à la campagne, en studio ou radio, à différents moments de l’année. Cela crée au final des ambiances et intentions diverses.

Le seul critère que je m’étais fixé, était d’avoir une ligne directrice pour ma voix et ma guitare, dans le but d’avoir une cohérence entre les morceaux…

Es-tu à l’origine de tous les titres ?

Même si cela aurait pût être autrement, je suis l’auteur des textes sur l’ensemble de qccp. La composition est commune.

Imagines-tu un prolongement scénique de ce projet ?

qccp est difficile à défendre sur scène en terme de disponibilité des participants : Certains vivent à l’étranger, notamment le guitariste qui m’épaulait sur Ted Fox.

J’envisage toutefois un concert mélangé d’interventions de leur part en streaming sur Skype, comme j’ai déjà fait pour des performances en accompagnement de danse contemporaine. Cela ne va pas se faire dans l’immédiat, mais en septembre-octobre, certains expatriés (membres de poney Club) reviennent en France, cela sera une bonne occasion.

J’enregistre à France Bleu le 13 avril un live avec au moins 2 titres de l’EP.

J’envisage de reprendre la scène au fur et à mesure de l’année avec un nouveau guitariste pour des nouveaux morceaux et certains de qccp.

Peux-tu nous parler de One day one noise, ce challenge un peu dans lequel tu es engagé depuis le début de l’année ?

C’est un projet que j’ai en tête depuis une petite dizaine d’année mais que je n’ai jamais osé faire :

Poster un morceau par jour pendant un an sur le net, j’ai commencé le 11 janvier 2011. Le principe est de faire des ébauches de morceaux car c’est super-prenant.

Poster des choses dont on est que peu content peut s’avérer frustrant, mais d’autres fois ça marche bien.

C’est un travail sur le temps assez curieux à vivre (surtout après avoir travaillé pratiquement un an sur 6 morceaux), cela me permet aussi de désacraliser le principe du morceau. D’aller vers des choses dont je n’ai pas l’habitude.

Mon laboratoire en mode « public » en fait.

As-tu déjà un autre disque en tête ?

Oui, qccp 2-3 et 4 mais ça va se jouer sur quelques années quand j’aurais le temps et selon les rencontres et envies. Et puis un deuxième album complet, le premier au nom de yel fox, mais tout est à définir (qui/quoi/comment), cela sera j’espère pour fin 2012.

Je suis en train de préparer un projet d’illustration sonore folk, pour une série d’animation 3D qui est ma foi bien terrible, elle est de mon amigo thierry Rouquet (le dessinateur de la pochette de Ted fox). Il en est à la phase du pilote qui sera finalisé courant 2011, a priori avant l’été.

Penses-tu renouer un jour avec ton passé hardcore ?

Je ne m’interdis rien.

Hardcore, indy- folk, danse contemporaine… Tout cela n’est pas antinomique. Je l’aborde de la même manière.

Est-ce que tu suis les activités de tes ex-compagnons de route (Gravity Slaves) ?

Un peu, c’est cool qu’ils continuent…

Tu as participé à la quinte il y a quelques mots, mais quel artiste aimerais-tu défendre aujourd’hui ?

The one and only Troy Von Balthazar, même si son album date de 2010. Je suis resté scotché sur lui, sur sa démarche, ses albums, son bouquin « 3 girls », ses clips, son passé Chokeborien…

Yel Fox sur MySpace.

Un extrait de la série One day one noise