Andromakers par Florent EstebanNadège Teri et Lucille Hochet d’Andromakers en sont à leur deuxième vie musicale. La première fut ombrageuse, métallique, agitée. C’était la période screamo sous la bannière de One More Season, quatuor né à Montpellier en 2001 et qui vola en éclat six ans plus tard et après l’enregistrement de son premier et unique album : le très justement baptisé Posthumes. La seconde, elles la vivent actuellement. Elles forment Andromakers, doublette évoluant notamment derrière des instruments vintage (sortis de ces années 80 qui les ont vues naitre) et délivrant une musique pop électronique et vacillante. Quelque chose entre Bat For Lashes et Au Revoir Simone. C’est leur impeccable Electricity qui a déclenché mon envie d’en savoir un peu plus et c’est Nadège qui donne le la. [photos : Florent Esteban]

Je vous ai vu apparaître pour la première fois il y a 2 ans via One More Season, votre projet précédent. Il y a-t-il eu d’autres aventures musicales avant celle-ci ?

Andromakers : Oui, on jouait dans One More Season, un groupe de métal dit « émotionnel » formé en 2001 à Montpellier. Après quelques démos et pas mal de changements de line Up, le groupe a fini par splitter au moment de l’enregistrement de son album en 2006, en studio. L’album est sorti un an plus tard sur un label indé Target Practice.


Et avant ce projet, il y en a-t-il eu d’autres ?

Avant, nous jouions dans plusieurs groupes de métal, hxc… Cela a duré très peu de temps.

Avez-vous toujours joué ensemble ?

Depuis 2003 oui. Avant nous jouions séparément dans plusieurs groupes différents. Mais c’est sans trop d’importance, je pense !

A quel age avez-vous commencé à faire de la musique, à jouer d’un instrument ?

J’ai commencé le piano à l’age de 6 ans. Lucille a commencé par la guitare un peu plus tard dans l’adolescence. On a commencé la musique tôt et on n’a jamais cessé de pratiquer.

Lorsque vous étiez dans ce groupe, vous procédiez de la même façon qu’aujourd’hui pour écrire et composer ? Pour être plus précis : dans OMS quel était le rôle de chacune ?

Lucille jouait de la guitare et faisait les arrangements et écrivait les textes, je m’occupais de la compo, chant et de mes parties de guitare.

Et aujourd’hui dans Andromakers ?

Je compose des trames, dessine des structures, et on les travaille une fois en repète toutes les deux, on y bosse notre son également.

Le style de One More Season est défini comme étant du screamo hxc ? Peux-tu nous dire ce que c’est exactement et quels en sont les fers de lance aujourd’hui ?

Wow ! c’est vraiment derrière nous tout ça ! Franchement je sais pas. Cela fait 5 ans qu’on n’écoute plus ce genre de musique, on a vraiment tourné la page, tout naturellement..

Quelles furent les raisons du split ?

Comme beaucoup de groupes, des différences de point de vues artistiques et de motivation

Combien de temps a duré la pause entre les 2 projets ?

Environ 2 ans. Le temps d’une bonne remise en question. Ce n’était pas une super période. On avait l’impression de jamais en voir le bout !

Durant cette période vous auriez pu envisager de ne plus faire de musique ?

Non jamais.

Pourquoi ? Est-ce artistiquement que ce fut difficile ?

C’était une période de doute oui, à tous les niveaux, comme une déprime qui n’en finissait pas! Mais maintenant, Dieu merci, c’est fini !

Artistiquement les 2 projets sont radicalement différents. Qu’est-ce qui vous a amené vers cette nouvelle direction ?

On écoutait plus de métal depuis un petit moment déjà, on avait envie de s’ouvrir à d’autres choses… Puis c’est un retour aux sources me concernant , l’envie de revenir aux claviers et surtout je ne voulais plus crier comme je le faisais dans OMS. On s’est plus posées et ça s’est ressenti dans notre musique.

Ce changement de direction fut-il évident pour toutes les deux ?

Oui, on a toujours été en phase (sourire).

Qu’est-ce qui influence votre musique aujourd’hui ?

Le poids du passé, la nostalgie, tous les moments vécus qu’on ne retrouvera jamais. Des émotions qu’on a pu vivre et qu’on essaie de retranscrire dans les morceaux. C’est un réel exutoire. On essaie de tout donner dedans en tout cas !

Andromakers par Florent EstebanQuels sont les artistes qui ont une influence sur votre travail ?

Ils sont nombreux ! En premier lieu, je suis une grande grande fan de Michael Jackson depuis mon plus jeune age, c’est d’ailleurs ses chansons qui m’ont donné envie de composer. Je garde ça toujours en tête. Ensuite, on ne perds pas de vue non plus les premières claques que l’on s’est prises, les albums qu’on écoutaient ado en s’endormant le soir : les vieux Metallica, Nirvana et toute la periode grunge des 90’s…Tout ça a été très important, je pense. Aujourd’hui, en étant adulte, je trouve qu’on est moins facilement touché, malheureusement, comme on aurait pu l’être à 14 ans avec l’album Grace de Jeff Buckley dans les oreilles… Un peu comme une drogue qui fait de moins en moins son effet. Ce qui n’empêche pas d’avoir des coups de cœurs très souvent, bien entendu !

Qu’est-ce qui s’est passé pour toi quand Michael Jackson a eu la mauvaise idée de tirer sa révérence ? Qu’as-tu ressenti à ce moment-là ?

Le 25 Juin… en ouvrant l’ordi, j’ai cru à une mauvaise blague. j’ai mis à peu près un mois l’admettre. Franchement, au mois d’août on se disait encore « allez c’est un gros coup commercial, il va revenir », mais en fait non. Même si sa carrière était derrière lui, je pense que sa mort a été un moment difficile pour beaucoup, beaucoup de monde.

Quel est le premier titre que vous avez enregistré ?

Un titre qu’on a pas gardé. On ne garde pas tout ce qu’on compose, on trie très souvent..

Qu’avez-vous proposé au public en premier ?

On a mis notre première démo en ligne fin décembre 2008, avec Electricity, Upper Lower et Spider on the wall.

Quels furent les retours après cette mise en ligne ? Avez-vous démarché des labels ?

On a eu pas mal de retours, on avait envoyé la démo à plusieurs webzines et notamment à CQFD qui nous a beaucoup encouragé ! Pour les labels, on a envoyé quelques démos au tout début, mais ce n’était pas vraiment du démarchage. On attend de se développer un peu plus pour faire ça, de faire plus de concerts et de composer un maximum pour faire un bel album.

Aucun label ne vous a approché ?

Si, mais on prends notre temps pour être sures de faire le bon choix.

Qu’est-ce qu’il manque à Andromakers pour qu’il soit développé par un label ?

On est un tout jeune groupe, donc besoin de faire nos preuves sur scène, ce qui nous parait être une étape nécessaire ! On réfléchit toujours à nous améliorer, à tester de nouvelles choses pour savoir vraiment où l’on va. On préfère prendre le temps de nous développer par nous-mêmes et de proposer ensuite quelque chose qui tienne la route.

Vous avez fait une reprise de There Is A Light And It Never Goes Out des Smiths. Pourquoi ce choix ?

On adore toutes les deux ce morceau, et les Smiths (sourire). Il n’y a pas de signification particulière !

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Beaucoup de concerts ! On essaie de jouer un maximum ! Et toujours composer, composer et apprendre, progresser.

Envisagez-vous de proposer de nouveaux titres ? Tu ne m’avais pas parlé d’un single ?

En fait on avait ce projet que l’on a remis tout a fait en question avant Noël. Les morceaux qu’on devait enregistrer sont devenus obsolètes ! Ce serait dommage d’enregistrer pour le regretter ensuite.

Par contre, au même moment, SFR Jeunes Talents nous a proposé d’enregistrer deux morceaux qui sortiront sur la compilation SFR Jeunes talentes 2010 en Février. On a donc enregistré deux morceaux, qui sont assez vieux puisqu’ils ont un an, mais qu’on joue quand même sur scène. Ce sont Autumns & Autumns et Apple Crush qui sont en écoute d’ailleurs sur le site SFR Jeunes talents.

Si vous deviez enregistrer un album aujourd’hui, dans quelles conditions aimeriez-vous le faire ? Avec quel producteur ?

On aimerait bien pouvoir enregistrer dans un studio adapté à ce qu’on aime,les vieux instruments, les sons analogiques, vintage. On voudrait faire un bel album, avec des sonorités organiques avant tout, et non pas éléctro, comme on est souvent étiquetées.

Pourquoi avoir choisi Andromakers comme nom de groupe ?

On voulait un nom qui garde tout son mystère et je crois qu’on l’a bien trouvé !

Comment imaginez-vous votre duo demain ? Qu’aimeriez-vous qu’il vous arrive ?

On se voit tantôt sur la route, tantôt chez nous ! Alternant les moments d’introspections et les périodes de concerts, continuant à créer et s’améliorant encore. On aimerait trouver un label bien entendu et se concentrer sur la musique!

Andromakers vous occupe le plus clair de votre temps ?

Oui et c’est tant mieux ! Andromakers et nos chats, à égalité.

Le duo tourne un peu partout. Toutes les dates de la tournée sont ici.

Suivre aussi :
Le site du groupe.
Le groupe sur MySpace, CQFD, FaceBook et Twitter.