Big Mood, une série entre amitié et bipolarité

Série – Royaume-Uni – 2024
Créée par Camilla Whitehill
Distribution: Nicola Coughlan, Lydia West, Sally Phillips, Ukweli Roach, Joanna Page, Niamh Cusack
Si vous connaissez La Chronique des Bridgerton, vous n’avez pas pu passer à côté de l’actrice Nicola Coughlan. Elle est de retour sur nos écrans. Toujours dans un rôle phare mais dans un univers bien plus contemporain avec la courte série Big Mood.
Quelle est l’intrigue de la série Big Mood?
La série commence avec le personnage de Maggie (interprétée par Nicola Coughlan) resplendissante, avec un mental incroyable, une confiance en elle qui frôle les étoiles et tout ça sur une trottinette électrique. Elle rejoint sa meilleure amie Eddie (Lydia West) qui tient le bar dont elle a hérité de son père.
Cette série n’est pas une simple histoire d’amitié entre deux jeunes trentenaires. Ce serait trop similaire à Sex and The City et autres séries dans le même genre. Pour pimenter l’intrigue, la créatrice de la série Camilla Whitehill s’est dit qu’il serait bon d’y ajouter une bonne dose de bipolarité au personnage de Maggie. Et donc au fil des 6 épisodes de la première saison (la suite a été confirmée en février 2025), on suit les deux amies dans des aventures un peu loufoques comme les très hauts et très bas relatifs à la santé mentale du personnage de Maggie.
Est-ce que les anglais ont un problème avec les psy?
Qui dit santé mentale dans les séries, dit bien souvent psy. Psychologues, psychiatres. La différence n’est pas forcément très claire. Il y a toujours une idée d’écoute et de médication. Et de l’autre côté de la Manche, on peut se demander si les psy sont vraiment appréciés ou s’ils sont réellement pris pour des charlatans comme dans les séries.
Ici, dans Big Mood, la psy est spéciale (Sally Phillips). Elle ne connait pas le dossier de sa patiente, propose des solutions qui semblent lunaires pour traiter la bipolarité et a un gros problème avec les limites professionnelles. Mais ce n’est pas le seul exemple de psy anglais dans une série qui est absurde.
On peut par exemple penser à Brassic (la saison 5 est sortie il y a quelques mois) où le psy / médecin traitant est un obsédé qui lui aussi a un problème de limites professionnelles. Un psy qui se fournit en drogue chez son patient. Un personnage drôle et décalé qui contribue à l’intrigue au fil des saisons. Il y a aussi la série After Life où le personnage principal est suivi par un psy pour le deuil de son épouse. Cette fois, le psy est plus antipathique mais toujours à côté de la plaque et avec un problème de limites.
Séries et bipolarité – plusieurs manières de montrer la maladie
Brassic et Big Mood traitent tous les deux de la bipolarité. La première est masculine, elle est juste évoquée. La seconde est féminine et elle est l’un des éléments centraux de l’intrigue. On voit les terribles fluctuations d’humeur du personnage. Sa joie de vivre et son dégout de la vie exacerbés sont mis en image tout au long de la saison. Et surtout, les conséquences ne font pas partie des éléments humoristiques, notamment à la fin où la réalité reprend ses droits – cruellement.
Big Mood, une série dans l’air du temps
Ce qui rend géniale cette série anglaise c’est que le trouble bipolaire de Maggie n’est pas le seul motif des épisodes. Ils ont une part importante dans l’histoire mais ce n’est pas le seul sujet qui soit mis en valeur. Il y a évidemment l’amitié entre les deux personnages principaux mais aussi le passage de la trentaine, le célibat assumé, les problèmes de fric, l’avortement… Des sujets dans l’air du temps qui n’étaient pas nécessairement traités dans les séries. Et pour que tout ça soit digérable facilement, on retrouve une touche d’absurde à l’anglaise. Elle permet de reprendre sa respiration entre chaque galère.
Bande annonce – Big Mood
Image bandeau : capture d’écran


