Interview Monopsone
Monopsone, label basé au Mans, lance actuellement la seconde série de ses Fragments. Une bonne occasion de faire le point sur le présent et d’évoquer un peu l’avenir (Photo : Stéphane Merveille).
Vous publiez actuellement 3 nouveaux fragments. Comment est née cette série ?
La première réalisation de monopsone date de la fin de l’année 2000 et c’était déjà un vinyle 10″, premier volume d’un triptyque avec une identité visuelle déjà très travaillée.
L’idée de cette série est née de l’envie de concrétiser les 10 ans d’existence du label avec un projet marquant et d’utiliser des photos réalisées par Stéphane Merveille que nous avons adorées… la plupart prise au moment, ou en tout cas dans le même lieu, que la pochette de L’armure, l’album d’Erik Arnaud paru chez nous en 2010.
Combien de disques comptera cette collection ?
Le projet initial était une série de 6 EPs, tous au format 10 pouces donc, et qui devaient initialement sortir tous les 2 mois en 2012… C’était sans compter quelques tracas et impondérables qui nous ont obligés à étaler la réalisation des 6 volumes sur 2 ans. Pour le moment nous n’avons pas envisagé de poursuivre cette série, mais le format nous plait beaucoup et probablement ferons-nous d’autres disques en 10″… d’autant qu’on n’a pas totalement renoncé à concrétiser des collaborations avec certains groupes qui n’ont pas pu participer au projet Fragments.
Il y a-t-il une trame commune à tous les groupes sélectionnés ?
La trame est simple : c’est le coup de cœur que l’on peut/doit partager au sein du label pour le groupe, c’est aussi simple que cela. Et puis, il a fallu aussi que les groupes se projettent dans ce drôle de projet et accepte d’y participer. Certains ont joué le jeu à fond (comme Richard Adams de The Declining Winter qui a enregistré spécialement pour ce projet il y a plus d’un an), d’autres nous ont aussi longuement baladés avant de disparaitre totalement… Quoiqu’il en soit, les règles ont été les mêmes pour tous : format imposé (vinyle 10 pouces soit 2 fois 12 minutes max) et pochette à choisir dans une pré-sélection de 9 visuels en tout. Et financièrement, rien à gagner.
Comment les avez-vous choisis ?
Nous connaissions déjà certains artistes pour avoir déjà travailler avec eux (Epic45, The Declining Winter), d’autres ont été des opportunités, des recommandations de proches du label ou de pures découvertes comme ZAZA ou Pan Aurora. Encore une fois, c’est le coup de cœur qui a tout piloté … Au final, même si nous avons envoyé beaucoup de bouteilles à la mer sans retour, nous sommes très fiers de chacun de ces 6 disques.
Pouvez-vous nous parler de l’artwork ?
L’artwork est entièrement réalisé de main de maître par le trop bien nommé Stéphane Merveille que nous avons rencontré à l’occasion de la sortie de L’Armure d’Erik Arnaud. Ces deux-là se connaissaient et avaient travaillé ensemble sur les photos de presse et la pochette de l’album. Ça a immédiatement collé humainement entre nous et quand Stéphane nous a montré d’autres photos prises lors de cette session avec Arnaud, on était sur le cul… il fallait absolument trouver des disques à faire pour utiliser ces pochettes en devenir. Le vinyle était obligatoire, le format 10 pouces, un peu atypique, parfait pour les utiliser au mieux. Stéphane est un perfectionniste, doué d’une grande patience aussi. Son travail commence à être reconnu et ça n’est vraiment pas étonnant. On songe donc à lui faire signer un contrat d’exclusivité en profitant de son état en fin de soirée quand on fêtera ensemble la sortie du 6éme disque de la série.
Avez-vous de nouveaux projets en tête ?
Plein, forcément… manquent ensuite le temps et les moyens financiers pour les réaliser… Monopsone reste un loisir pour nous, un peu envahissant (dans nos agendas et nos caves ou garages pour stocker les cartons de disques). C’est aussi, et à la limite avant tout, une sacrée belle histoire d’amitié et de passion partagée.
Quel est le groupe dont vous aimeriez bien défendre le travail ?
“Le” c’est réducteur … monopsone a toujours été ancré sur les rencontres, ça dépend donc aussi beaucoup des groupes/artistes. L’ami Matthieu Malon (laudanum) bosse actuellement sur un album. D’une façon ou d’une autre, nous espérons faire partie de l’aventure. Dans nos sorties récentes, Darko et Pan Aurora nous ont filé une belle claque… De la classe, de l’envie et du talent à revendre… On espère évidemment les suivre au-delà de leur “Fragment” respectif. Il y a aussi des pistes de-ci de-là avec des artistes avec qui ont déjà collaboré comme epic45 et une poignée de groupes qu’on vénère qui peuvent toujours compter sur nous.
Avez-vous des nouvelles d’Erik Arnaud ?
Il va très bien … et re-gratouillerait activement ses guitares et bloc-notes … Bien évidemment, on espère qu’il reviendra très vite avec de nouvelles compositions et qu’on en discutera ensemble.
Le site de monopsone
Le travail de Stéphane Merveille sur sa page FaceBook.
