Culte Mini série - France - 2024 Créée par : Matthieu Rumani et Nicolas Slomka Distribution : Anaïde Rozam, César Domboy, Nicolas Briançon, Sami Outalbali, Marie Colomb ...
Culte est une série française en 6 épisodes qui raconte de l'intérieur la création et le tournage de la 1ère émission de télé-réalité française : Loft Story. La série prend le point de vue de la productrice Isabelle (à l'époque Alexia Laroche-Joubert), d'un assistant de production, Sami, et de la candidate emblématique du programme : Loana.
Ça aurait pu être une réussite. Ça aurait pu être une critique acerbe de la téléréalité à la française. Ça aurait pu être un instantané d'une époque. Ça aurait pu être un tableau détaillé de l'envers du décor. Ça aurait pu être un plaidoyer pour ces candidats qui ne savaient pas ce qui les attendait et ont été jeté en pâture aux médias. Ça aurait pu être une vision de ceux qui se sont révoltés à l'époque contre ce programme, et qu'on n'entend plus aujourd'hui, tellement c'est devenu banal. Ça aurait pu être une fine analyse de l'invention de la peopolisation de la société dans laquelle on devient célèbre sans le moindre talent...
À trop multiplier les points de vue, Culte n'en adopte aucun
Ca aurait pu être tout cela. Mais non. Culte ne fait qu'effleurer tous ces sujets. À trop multiplier les points de vue, la série n'en adopte aucun. Elle ballotte le spectateur d'un personnage à un autre dans l'espoir, sans doute, que l'on s'identifie autant aux loups qu'aux agneaux.
Pourtant, il y avait de quoi proposer une série intéressante. La reconstitution de l'époque est assez réussie : décors, costumes, le souci du détail a permis de créé une ambiance très réaliste de que fut l'année 2001. Mais surtout, le casting était une véritable réussite : Anaïde Rozam est formidable en productrice prête à tout pour réussir. Marie Colomb est une Loana très touchante et profonde, et si naïve, quand on sait ce qui l'attend dans le futur. Quant à Sami Outalbali, il est LE personnage torturé de la série, l'assistant de production fasciné par la candidate star de l'émission et révulsé par les choix de la prod, dont il est complice.
Culte n'a pas su faire ce qu'on attendait d'elle : porter un regard sans concession, et avec recul sur ce que fut Loft Story : un programme aussi fascinant à l'époque, que vide de sens, et qui depuis a fait florès. Sur le même thème, outre Atlantique la série UnReal (dont seule la saison 2 est disponible sur MyTF1) avait été une grande réussite.
Mais peut-être que la présence d'Alexia Laroche-Joubert à la production de la série n'est pas étrangère à ce lissage...
Brassic Série - 6 saisons - Royaume-Uni Créée par : Joe Gilgun et Danny Brocklehurst Distribution : Joe Gilgun, Michelle Keegan, Damien Molony, Tom Hanson, Aaron Heffernan, Ryan Sampson, Parth Thakerar...
Brassic est une série venue tout droit du Royaume-Uni, diffusée depuis 2019. On peut la voir sur Sky One outre Manche, en France elle est dispo sur Canal + en replay, en Belgique sur Auvio de la RTBF.
De quoi parle la série Brassic?
Une bande de copains qui zonent dans la campagne anglaise et qui essaient de s’en sortir… non sans mal et non sans galères. A la tête de ce groupe, on trouve Vinnie O'Neill (incarné par Joe Gilgun qui joue également dans This is England et que vous avez pu voir dans Misfits). Ce groupe de “Lads” du nord de l’Angleterre montre une certaine réalité de la situation sociale de l’autre côté de la Manche: pas de travail, devoir bidouiller pour avoir des revenus, des mafias qui posent des limites… Tout cela avec beaucoup d’humour à l’anglaise.
Avec brio et humour, cette série met en scène différentes problématiques actuelles comme la santé mentale (le personnage principal de Vinnie est bipolaire), la complexité de trouver un travail dans une économie compliquée, la difficulté d’élever un enfant en étant célibataire tout en continuant ses études, les conditions de vie de la communauté gipsy en Angleterre… Des petits escrocs qui tentent de joindre les deux bouts sans se faire attraper par l’ancien camarade de classe devenu policier (et mesquin).
Un groupe de copains drôles malgré eux
Dès les premiers épisodes, les personnages sont attachants et au fil des saisons, on les voit évoluer. Aux côtés de Vinnie, on trouve:
Cardi (Tom Hanson) qui est simplet, attendrissant et toujours en train de manger,
Ash (Aaron Heffernan) qui est gay et gitan,
Tommo (Ryan Sampson) très libre sexuellement et entrepreneur dans l’âme,
JJ (Parth Thakerar) un recéleur de voitures.
Pour apporter un équilibre dans les galères et un peu de maturité à ce groupe qui ne prend que de mauvaises décisions toujours avec de la bonne volonté, on peut compter sur les personnages féminins qui ont (la plupart du temps) un peu plus la tête sur les épaules. Erin (Michelle Keegan) est la maman du petit Tyler et tâche de s’en sortir à peu près comme mère célibataire. Elle a des rêves (notamment celui de partir). Carol (Bronagh Gallagher) est l’ainée de la bande, issue d’une famille gitane, elle apporte un côté maternel mais pas que à Cardi et au reste du groupe. Les dernières saisons mettent en scène également Sugar (Joanna Higson).
Autour de ce petit groupe, d’autres personnages tout aussi fantasques viennent se greffer comme le médecin de Vinnie qui passe le plus clair de son temps à parler de ses conquêtes et se défoncer la tête. Les voisins agriculteurs qui se font la guerre pour un oui ou pour un non.
Les petits plus de cette série
Si vous avez aimé Trainspotting, This is England ou encore The Full Monty, vous aimerez probablement Brassic. La série s’inscrit dans le même climat social.
Côté musique, il est possible que cette série vous plaise également si vous aimez Duran Duran, Cypress Hill, The Prodigy, The White Stripes, les Stooges entre autres.
Je ne saurais trop vous conseiller de regarder la série en VOSTFR pour profiter pleinement de l’accent nord anglais qui contribue au charme des personnages.
A la découverte du casting de la saison 5 de Lol qui rit sort, on constate que le message polémique publié au printemps 2023 par Blanche Gardin a fait long feu1.
En effet (du logis), le divertissement proposé par Prime Video présente une distribution très intéressante, avec plein de personnalités de l'humour (mais pas que) que l'on aime bien.
Parmi celles-ci, on retrouve la brillante humoriste franco-suisse Marina Rollman qui officia jadis sur France Inter, le très drôle et tout aussi helvète Alexandre Kominek, l'acteur et présentateur du Maillon faible Vincent Dedienne, le comédien Fred Testot, mais aussi Camille Chamoux, le très drôle et barré Jérôme Niel, la vétérane Muriel Robin, la jeune actrice Fatou Guinea (vue notamment dans la saison 2 de Validé), le sportif franco-camerounais Cédric Doumbè, champion de kick-boxeur et Artus, réalisateur d'Un p'tit truc en plus, plus gros succès du cinéma français en 2024.
C'est donc un très joli casting en tout cas, bien plus séduisant que celui de la saison 4.
Cette édition devrait être diffusée en 2025 sur la plateforme de streaming.
Visuel : Prime Video
L'intervention de l'humoriste a eut tout de même pour effet de voir la somme remise à l'association de la vedette gagnante du programme être augmentée. ↩︎
Derrière la Façade est une comédie satirique américaine créée par Liz Feldman, à qui l'on doit également la série Dead to me sortie en 2019.
Cette série raconte la frénésie engendrée par la mise en vente d'une maison dans un quartier huppé de Californie. Trois familles sont en concurrence pour acquérir la maison, qui, pensent-ils tous, résoudra tous leurs problèmes. Mais évidemment, rien n'est moins vrai, les vendeurs, eux, le savent bien.
Le titre anglophone du programme est No Good Deed, qui provient d'une maxime ironique, "No good deed goes unpunished" : aucune bonne action ne reste impunie... Une notion cynique ou fataliste, c'est selon !
Pleine d'humour noir, la série met en vedette une sacrée distribution : Lisa Kudrow (Friends, Bandits Bandits, Web Therapy), Ray Romano (Tout le monde aime Raymond, Vinyl, Fly me to the Moon), Luke Wilson (Horizon, La famille Tennebaum), Linda Cardellini (Dead To Me, Mad Men), O-T Fagbenle (The Handmade's Tale, Présumé Innocent), et bien d'autres...
Generation Z (prononcez Dgénérècheune zi) est une série de comédie horrifique proposée par la chaine britannique Channel 4 et réalisée par Ben Wheatley.
Le choc des générations va bel et bien avoir lieu... mais peut-être pas celui qu'on croyait ! Après un accident routier, un produit chimique mystérieux s'échappe d'un camion, ce, non loin d'une maison de retraite... Les gentils petits vieux vont alors commencer à avoir des comportements étranges, et à avoir faim, très faim. Une bande de quatre ados vont alors tout faire pour comprendre ce qui se passe et tenter de survire !
Ah ça faisait un moment qu'on n'avait plus rigolé avec des zombies ! Si en plus ce sont d'indignes personnes âgées, c'est encore plus drôle.
Au casting on retrouve des acteurs qui ont fait les grandes heures des soap operas britanniques comme : Sue Johnston (Coronation Street, Downtown Abbey), Robert Lindsay (Ma Tribu, Créatures Féroces), Anita Dobson (Eastenders, Doctor Who). Ils seront confrontés à deux générations d'acteurs : celle de T'Nia Miller (La Chute de la maison Usher), Chris Reilly (Slow Horses, Game of Thrones) ou Robert James-Collier (Downtown Abbey, Coronation Street), et celle de Jay Lycurgo, Viola Prettejohn (The Crown, The Nevers), ou Lewis Gribben (Somewhere Boy, T2 Trainspotting).
Après cette liste plus que copieuse, on a hâte de découvrir qui dévorera qui, qui survivra et si un déambulateur est une arme appropriée pour zigouiller du zombie.
La série sera disponible sur Channel 4au Royaume Uni à partir du 27 octobre 2024. Espérons qu'elle soit bientôt diffusée en France.
Landscapers Mini Série - 2022 - Royaume-Uni Créée par : Ed Sinclair Distribution : Olivia Colman, David Thewlis, Kate O'Flynn, Dipo Ola...
Landscapers est une mini-série de Ed Sinclar créée en 2022 et diffusée sur HBO et Canal + en France.
Elle raconte l'histoire des deux meurtriers les plus mignons de Grande-Bretagne. Si, si ! Cela peut sembler absurde, mais c'est toute l'ambition de Will Sharpe, le réalisateur, de nous proposer un véritable geste cinématographique.
Landscapers (paysagistes, en français) est inspirée de l'histoire vraie et pas mignonne du tout d'un couple de britanniques qui tuent les vieux parents de madame, les enterrent dans le jardin, vident leurs comptes en banque et partent vivre en France.
On entre dans cette série comme on découvre la scène d'une pièce de théâtre : le décor est simple, un dîner sur une table au centre de la pièce, au fond, deux fenêtres au travers desquelles on ne distingue qu'une lueur, et deux acteurs, formidables Olivia Colman et David Thewlis qui discutent tranquillement de leur journée. Comme au théâtre, on sait que tout cela n'est pas tout à fait réel, mais pourtant tout est vrai...
La lumière jaune est feutrée, centrée sur nos deux personnages. On se croirait presque dans un film de Caro et Jeunet photographié par Darius Konji. En réalité, tout au long de la série, les changements esthétiques vont se multiplier : noir et blanc vieilli pour les moments de rêverie, couleurs chaudes pour le foyer de Susan et Christopher, décors minimalistes et couleurs froides pour les séquences d'interrogatoires, du rouge ou du vert saturés pour la scène de crime, noir et blanc très contrasté pour le procès... Les allers-retours dans ces différentes ambiances, loin de créer la confusion, expriment parfaitement celle qui règne dans l'esprit des deux personnages qui commencent à se contredire face aux policiers.
Et l'on assiste, à rebours, à l'histoire que Susan et Christopher ont envie de nous raconter : celle d'un couple uni envers et contre tous ; celle d'un homme valeureux qui vole au secours de sa bien-aimée ; celle d'une femme qui imagine son homme comme un Gary Cooper moderne, et qui est la seule à savoir lui rendre l'envie de vivre. Ils sont dans leur bulle romantique. Ils finissent presque par croire à la pièce de théâtre qu'ils sont en train de jouer.
Mais au fur et à mesure des épisodes, les effets de hors cadre se multiplient : les décors s'effondrent, les caméras apparaissent... et le verdict tombe, ils sont coupables.
Coupables mais touchants. Leur rêverie nous emporte, on a tellement envie de croire à leur histoire qu'on se laisse glisser dans le même déni qu'eux et on s'imagine partir au soleil couchant tels des cow-boys sur leur monture.