interview: Yules, duo sélectionné sur la plateforme Noomiz

yules par laurence revolCela fait deux mois maintenant que Yules occupe la première place du top Noomiz. A juste titre. Puisque Desperation Land, extrait de l’album The Release (sortie en 2007) est un petit bijou de pop lumineuse. Les deux frères, Bertrand et Guillaume, ont été élevés au songwriting de Leonard Cohen, de Simon & Garfunkel et de Macca.

Les garçons ont, tout comme Swann, croisé la route de Nicolas Pellet d’Universal Publishing.

On leur pose alors 3 ou 4 questions sur la façon dont ils ont vécu la chose.

Vous venez de rencontrer les DA via la plateforme Noomiz. Comment vous sentiez-vous à l’approche du rendez-vous ?

Contents de sentir que notre projet pouvait intéresser les gens de labels et puis nous étions plus dans l’accueil de l’instant que dans la nervosité et l’appréhension.

Qu’attendiez-vous de cette rencontre ? Quel en était enjeu ?

Eh bien, une sorte de complément d’information à notre musique. Pour nous, la rencontre après la découverte de nos chansons est primordiale. Il se passe quelque chose dans cette première prise de contact « physique », on sent si l’on peut s’entendre, on se présente un peu plus pour voir si c’est imaginable de travailler ensemble. C’est ce rapport humain qui prime. L’enjeu n’est pas réellement fixé mais restez fidèles à soi-même sans chercher à aller dans le sens de notre interlocuteur me paraît sage.

Pouvez-vous nous raconter comment s’est passé cette rencontre ?

Très bien justement, nous avons discuté un peu plus d’une heure, avons réécouté nos chansons, échangé des points de vue, expliqué toutes les choses sur lesquelles nous avançons pour que notre deuxième album sorte dans les meilleures conditions.

Ces professionnels connaissaient-ils bien votre travail ?

Oui très bien ! Il est évident qu’il y avait eu plusieurs écoutes de notre album.

Aviez-vous démarché des labels avant cela ?

Beaucoup, mais la crise du disque étant ce qu’elle est, les réponses ne se bousculaient pas.

Si vous aviez un conseil à donner aux 10 prochains groupes sélectionnés, quel serait-il ?

C’est un peu compliqué de faire le grand frère avec les groupes qui arrivent. Chaque projet est différent et à notre échelle, ce qui l’est encore plus, sans vouloir saisir l’air du temps, c’est d’être honnêtes dans sa musique.

Voici la vidéo de Desperation Land réalisée par Benjamin Berthet, Martin Claudel et Bertrand Vinsu…

Un autre titre, The Unconscius Master, capté à l’Atelier (Orléans)…

Merci à Thomas de IVOX.

interview: Swann, artiste sélectionnée sur la plateforme Noomiz

swannIl y a quelques mois Chloé L devenait Swann. Swann est une jeune musicienne d’une vingtaine d’années. Elle vit entre Londres et Paris. Sa musique est folk et je ne me trompe pas en écrivant cela, puisque c’est ainsi que la jeune femme se définit sur son profil Noomiz. Swann fait partie du premier contingent d’artistes invités à rencontrer les directeurs artistiques des labels partenaires de la plateforme.

Swann a su bien s’entourer pour enregistrer les quelques titres qui parsèment la toile. Ceux-ci ont été notamment réalisés avec le concours de Mocke, membre des élégants Holden.

On lui a donc posé quelques questions autour du rendez-vous qu’elle vient d’avoir avec Nicolas Pellet d’Universal Publishing.

Vous venez de rencontrer les DA via la plateforme Noomiz. Comment vous sentiez-vous à l’approche du rendez-vous ?

J’étais impatiente mais sereine.

Qu’attendiez-vous de cette rencontre ? Quel en était enjeu ?

Je voulais avoir des retours sur ma musique, mon projet.

Ces professionnels connaissaient-ils bien votre travail ?

Oui, plutôt bien, ce qui m’a fait plaisir. Il avait déjà écouté plusieurs fois ma démo, que j’ai enregistrée dans le studio de Steve Prestage en septembre dernier avec des musiciens tels que Bradney Scott (contrebasse), Mocke Depret (guitare), Ilan Moss (banjo), Julie Darnal (piano), et Stephen Munson (harmonica), qui est aussi mon manager. Et il faut dire que ce professionnel avait déjà un faible pour le folk ; nous étions sur la même longueur d’ondes. Ce qui m’a plu, c’est qu’il paraissait vraiment intéressée par mon projet, et curieux de le connaître encore mieux.

Aviez-vous démarché des labels avant cela ?

Disons que des labels étaient déjà intéressés.

Si vous aviez un conseil à donner aux 10 prochains groupes sélectionnés, quel serait-il ?

Soyez impatients mais sereins (testé et approuvé).

Swann sera le 15 avril 2010 à l’international (paris)

Merci à Thomas de IVOX.

interview: Nicolas Gautier, responsable du service artistique chez AZ

nicolas gautierDepuis quelques jours maintenant, des directeurs artistiques de labels et de maisons de disques rencontrent les premiers artistes sélectionnés via la plateforme Noomiz. C’est l’occasion pour nous de demander à ces professionnels, ainsi qu’aux musiciens, comment ils ont appréhendé ces rendez-vous.

Le premier qu’y se colle à l’exercice c’est Nicolas Gautier, responsable du Service Artistique d’AZ

La démarche initiée par Noomiz vous aide-t-elle à défricher de nouveaux artistes ? Vous fait-elle gagner du temps ?

Tout nouveau moyen de recherche nous permet effectivement d’aller à la rencontre de nouveaux artistes. La différence émanant de Noomiz est dû au système de classement qui nous permet, si nous le souhaitons, d’avoir une photo quotidienne de l’intérêt porté aux artistes figurant dans ce top 100, mais également le travail fait par l’artiste et/ou son manager de se faire connaître. De part cette particularité, on peut effectivement dire que c’est un gain de temps, mais surtout que c’est un excellent outil.

Est-ce que la langue anglaise est un frein aujourd’hui à la signature d’un contrat ?

Ces derniers mois la production discographique en France a fait la part belle à la langue anglaise, et forcément cela finit par créer des problèmes. Il est difficile de rivaliser en permanence avec les productions anglosaxonnes, et de fait si les radios ont tout de même joué le jeu sur quelques artistes francophones s’exprimant en anglais, elles ne pourront pas jouer le jeu indéfiniment. Donc oui, on peut dire que d’une certaine manière c’est un frein. Et puis, notre langue est riche et belle et si certes, il faut consentir des efforts pour écrire des chansons en français, cela vaut tout de même la peine de s’y atteler.

Au-delà de la musique, qu’est-ce qui peut vous séduire d’abord chez un artiste ?

Sa démarche, sa personnalité, ses convictions. Une des choses à laquelle je fais le plus attention est son envie de se démarquer que ce soit dans ses compositions, ses idées de production et dans ses visuels, vidéos…En un mot, sa présentation globale

Quel conseil pourriez-vous donner aux prochains groupes afin qu’ils préparent bien la rencontre ?

D’être eux-mêmes !

Nicolas Gautier a rencontré La Féline.

Voir aussi :
l’interview que Nicolas Gauthier a accordé à Noomiz.

Merci à Thomas de IVOX.

interview: Andromakers

Andromakers par Florent EstebanNadège Teri et Lucille Hochet d’Andromakers en sont à leur deuxième vie musicale. La première fut ombrageuse, métallique, agitée. C’était la période screamo sous la bannière de One More Season, quatuor né à Montpellier en 2001 et qui vola en éclat six ans plus tard et après l’enregistrement de son premier et unique album : le très justement baptisé Posthumes. La seconde, elles la vivent actuellement. Elles forment Andromakers, doublette évoluant notamment derrière des instruments vintage (sortis de ces années 80 qui les ont vues naitre) et délivrant une musique pop électronique et vacillante. Quelque chose entre Bat For Lashes et Au Revoir Simone. C’est leur impeccable Electricity qui a déclenché mon envie d’en savoir un peu plus et c’est Nadège qui donne le la. [photos : Florent Esteban]

Je vous ai vu apparaître pour la première fois il y a 2 ans via One More Season, votre projet précédent. Il y a-t-il eu d’autres aventures musicales avant celle-ci ?

Andromakers : Oui, on jouait dans One More Season, un groupe de métal dit « émotionnel » formé en 2001 à Montpellier. Après quelques démos et pas mal de changements de line Up, le groupe a fini par splitter au moment de l’enregistrement de son album en 2006, en studio. L’album est sorti un an plus tard sur un label indé Target Practice.

(suite…)

interview: David Fakenahm

david fakenahm

Je suis de tout près David Fakenahm (photos : Nine Fakenahm), depuis qu’il a attrapé le démon de la guitare en bois. C’était au temps jadis, après le vie d’un groupe qui s’est achevée comme ça, presque en eau de boudin. Depuis il fabrique au cœur de sa vie, dans son intérieur délicat, des pop songs qu’il livre au fil du temps. Il ne lâche rien et ajoute sans cesse de nouveaux chapitres à sa discographie et ce malgré l’indifférence des labels. Avec Here and Now, second opus paru au début de cette année, le songwriting de David Fakenahm prend un sacré volume. 6 mois après, il était temps d’aller prendre des nouvelles de ce grand amateur de boiseries folk.

Tu as sorti Here and Now il y a quelques semaines (mois), quels en sont les retours ?

Je n’ai pour le moment que des retours positifs côté webzines. J’ai même eu droit à ma première chronique dans la presse écrite via le mensuel XRoads, très positive elle aussi.

Est-ce que tu sens que tu te modifies artistiquement ?

Si tu fais référence à Back from Wherever ou aux Short Stories, Here and Now marque une vraie différence c’est sûr. Il est d’abord beaucoup plus homogène et consistant. C’est un album que je voulais folk dès le départ, dès le choix des morceaux. J’avais déjà abordé ce style sur les précédents mais il y avait toujours des titres pop autour. Je ne sens pas que je métamorphose, car j’ai toujours eu cette sensibilité très acoustique. C’est juste que je l’affichais moins clairement. Je suis un fan de musique à la base, de Mark Kozelek aux Melvins. En bon fan, j’adorerais toucher à tous ces styles un jour ou l’autre, à condition de faire quelque chose de bien. Si je faisais un album de hardcore demain, ça surprendrait du monde, mais je ne me sentirais pas pour autant en train de changer.

Cet album, comme les précédents, est totalement autoproduit. As-tu envisagé de le rendre disponible via une plateforme de téléchargement légal ?

C’est en cours. Je suis pas tout à fait prêt en terme d’organisation, mais j’ai bon espoir de conclure prochainement.

Tu la vis comment au quotidien ta musique ?

Je la vis par période. Par moment, elle ne me quitte pas. Je compose chaque fois que je prends une guitare. J’avance très vite. Et par moment, je l’oublie. Pas l’inspiration. La guitare devient un instrument frustrant qui me met face à mes automatismes, à mes petites recettes qui ne m’étonnent plus et ne me font plus plaisir. Pour ce qui est des textes, c’est plus difficile. Mais je n’imagine pas ne pas jouer, ne pas créer, ne pas chercher. Malgré les périodes de doute, je ne pense pas rester complètement sec.

Tu joues peu live. Quelles en sont les raisons ?

Je prends beaucoup de plaisir à jouer mes morceaux en public. Pour le moment tous mes concerts ont été des prestations en solo. Les gens connaissant mes chansons me font souvent remarquer qu’un peu de compagnie serait bien sur scène. Je suis assez d’accord, surtout dans une perspective de jouer sur des scènes un peu plus grandes. J’aimerais pouvoir compter sur des collaborations pour entretenir un rythme de concerts et jouer dans des endroits divers. Elles sont un bon moyen de sortir de l’ordinaire, de découvrir d’autres sons, de créer une union, même momentanée, destinée à faire grandir des idées.

Tu es présent sur un certain nombre de plateformes d’échanges (CQFD, MySpace, FaceBook). Celles-ci ne peuvent-elles pas t’apporter de solutions ?

Ces plateformes de mise en réseau fonctionnent diversement. Globalement, j’ai fait des rencontres, virtuelles pour une grande majorité, mais vraiment chouettes avec d’autres artistes d’un statut assez proche du mien tels que Lozninger, Harpo’s Thumb, Jullian Angel, Eleanor L. Vault, Orouni, Saint-Augustine, Toy Fight et d’autres.
C’est très positif. Ça me donne aussi des idées de collaboration. En revanche elles ne m’ont pas encore permis de développer des dates de concerts. Il y a des initiatives intéressantes, comme Indie Moods, qui rassemble de nombreux artistes proposant des affiches renouvelées de mini festivals. Pour le moment je ne participe pas à ce genre de regroupements. C’est dommage!

Continues-tu à démarcher des labels ?

Je n’ai jamais autant envoyé de mails, de fichiers depuis la sortie de Here and Now. J’ai eu quelques réponses négatives. Celles de mecs passionnés qui tiennent un label et qu’ils essaient de défendre en limitant le nombre d’artistes pour ne pas s’éparpiller. Cela donne lieu à un échange intéressant, même si le résultat pour moi est « pas de label« .
J’ai aussi contacté pas mal de gens qui ne m’ont pas du tout répondu. C’est assez classique mais c’est toujours décevant.
Là aussi je suis un être bourré de contradiction. Je ne suis pas persuadé qu’un album ait besoin d’être attaché à un label pour exister. Pourtant, si je fais référence à ce que j’écoute, ce sont alors des groupes sur des labels, distribués dans le monde, disponible relativement facilement.
Maintenant, je suis assez sensible à l’exemple de Rue Royale. Ce groupe fait des disques d’une grande qualité à tout point de vue et ne semble pas obnubilé par une hypothétique signature. Ils tournent comme des fous par contre. Pour finir, le clivage entre « vrais » disques avec un splendide code barre et du film qui pollue autour et « faux » disques autoproduits et gravés sur un CD-R m’agace de plus en plus.

Ce n’est évidemment pas le support qui fait le disque.

J’ai d’ailleurs eu l’immense plaisir de lire des chroniques concernant Here and Now disant que la réalisation ne laissait pas imaginer que c’était une autoproduction…
C’est aussi le cas pour Lozninger, Eleanor L. Vault et ou d’autres formations citées plus haut. Il n’y a pas de structures du type label traditionnel derrière, mais il y a un énorme souci de qualité ajouté à une bonne dose d’inspiration. Cela fait de vrais bons disques, sans code barre.

david fakenahm

La rumeur prétend que tu travaillerais sur un nouveau projet baptisé Warehouse. Peux-tu nous en dire plus ?

Et la rumeur dit vrai!
Warehouse est un nouveau projet solo ou presque. Autant Here and Now est un disque acoustique et clair, autant Warehouse sera un projet électrique et saturé. J’ai commencé par enregistrer 4 titres. J’en ai composé un cinquième dans la foulée dont je suis hyper fier. Les 4 premiers titres sont des morceaux que je ne pouvais pas intégrer à un futur album de David Fakenahm. Le climat est trop différent. J’ai commencé à enregistrer et c’est allé très vite. Il y a des boites à rythme simples, beaucoup de guitares électriques, des claviers, et beaucoup de voix. L’excitation aidant, j’ai enchainé 5 titres supplémentaires, dont deux figuraient sur les Short Stories.

La rumeur dit aussi qu’il y aurait une voix féminine. Qu’en est-il exactement de cette présence éventuelle ?

Oui, je confirme. Sur Here and Now il y a un morceau intitulé Ten Minutes pour lequel je voulais des cœurs féminins. Ça ne s’est pas fait. Pour Warehouse, je ne pouvais pas ne pas en intégrer.
Warehouse puise beaucoup dans mon héritage shoegaze et franchement, My Bloody Valentine, Slowdive ou Lush n’auraient pas eu cette couleur sans l’apport des voix de leur chanteuse. Donc, pour satisfaire ta curiosité, il s’agit de ma chère et tendre, ma compagne, ma mie. Elle participe déjà activement à mes disques, Je fais notamment appel à ses talents pour les pochettes, sauf pour Back from Wherever. Cette fois, elle chante !

Pourquoi Warehouse ?

J’aime bien ce mot. J’étais aussi en pleine période Hüsker Dü quand j’enregistrais les premiers morceaux.

Tu n’as pas envisagé ce projet comme partie intégrante du travail sous ton nom habituel ?

Non, car les textures et les ambiances sont tellement différentes… Sans vouloir paraitre trop présomptueux, j’envisage Warehouse comme une nouvelle expression de David Fakenahm, pas comme une autre chose détachée du projet initial.
A mon humble niveau, je me mets dans la peau des gars d’XTC qui se lancent dans le projet Dukes of Stratosphear. C’est un hommage aux 60s, années fondatrices pour le pop, donc forcément fondatrices pour XTC. Toutes les chansons qui composent 25 o’clock sont fantastiques. Néanmoins, le groupe a décidé de le sortir sous un autre nom. Il est très probable qu’il y ait d’autres Warehouse plus tard, mais ça restera un projet à part, récréatif (dans le bon sens du terme). Mais je ne veux pas mélanger ces titres à la couleur de mes albums solo.

Comment comptes-tu présenter ce nouveau projet ?

Rien n’est fixé pour le moment. J’ai du mal à t’en dire plus car ce n’est pas très clair dans mon esprit. Je vais évidemment mettre ces morceaux à disposition du public. La forme reste à étudier. J’ai plein d’idées…

Pourrais-tu envisager de les proposer sans contreparties ?

Ça fait partie des idées. Ça va dépendre de certains développements en cours.

Je sais que tu es un amoureux du disque en tant qu’objet. Malgré tout quelle est ta position par rapport à la loi « Internet et Création » récemment votée ?

Ma position de consommateur n’est pas très représentative de la tendance de notre société vis à vis de cette question. Je suis effectivement un amoureux de musique. J’ai la faiblesse en plus d’aimer les objets, même s’ils se résument à des rondelles qui ne sont pas biodégradables, rangées dans un boitier qui ne l’est pas non plus la plupart du temps.
Néanmoins, le téléchargement est devenu un acte du quotidien. On télécharge des documents administratifs, des mises à jour de logiciels, etc. C’est un acte assez anodin. Le téléchargement en lui-même ne me pose pas vraiment de problème. pour être tout à fait honnête et, je sais que je n’ai pas besoin de t’en convaincre, je télécharge très rarement et exclusivement des titres mis à disposition par l’artiste lui-même.
Il reste la question des droits (qui ne se pose pas pour les documents administratifs!)… ce qui est condamnable c’est le business qui peut se faire sur le dos d’un artiste. Mais je connais pas mal de gens qui achètent régulièrement les disques d’artistes qu’ils ont connu en téléchargeant leurs titres dans un premier temps.
Et si on voyait le téléchargement comme un passage initiatique, comme quand mon cousin venait me voir le week-end et m’avait préparé 10 cassettes de ses albums préférés du moment. C’était pas plus favorable à l’artiste du point de vue des droits dans un premier temps… combien de disques ont été achetés pour remplacer une cassette? Je passe sur l’aspect double peine qui fera qu’un quidam pris en flagrant délit de téléchargement se verrait privé d’internet tout en étant contraint de payer son abonnement. C’est assez hallucinant. Hallucinant aussi de voir qu’un pays de l’Europe peut finalement mettre une réglementation en place contre l’avis de Bruxelles.

Peux-tu nous dire quelques mots de Goodnight ?

J’ai été contacté par Blogup pour particper à la quatrième édition de la compilation Have a goodnight. L’idée est originale et attachante : demander à des artistes « émergents » pour la plupart de composer une berceuse. J’ai trouvé l’idée très motivante. Je n’ai pas voulu adapter un titre existant et le réenregistrer « façon berceuse ». J’ai composé un titre originale. J’aime ces projets car ils te permettent de t’ouvrir à autre chose. J’avais abordé le concours de reprise Rough Trade de CQFD avec la même démarche, c’est à dire reprendre That’s What You Always Say de Dream Syndicate avec l’envie d’explorer des terrains inconnus. Have a good night a aussi un prolongement sur scène, mais je n’ai pas été sollicité pour cette partie.

Est-ce que tu as déjà en tête la suite de David Fakenahm ?

Je l’ai en tête, je l’ai dans les doigts. J’ai d’abord quelques titres assez pop que j’avais laissés de côté. J’aimerais assez les enregistrer. Peut-être un EP, histoire d’avoir encore une fois un tout cohérent. J’ai aussi assez de titres pour faire un nouvel album avec la même couleur générale que sur Here and Now. Comme tu me l’as dit, je tourne peu, pour le moment du moins, mais je n’en suis pas moins hyperactif.

Qu’est-ce qui te botte en ce moment sur la scène mondiale ?

Je ne me lasse pas de la beauté fragile des albums de Gene Clark. Je ne me lasse pas non plus des albums de Wilco. J’espère que le prochain sera aussi bien que Sky Blue Sky. J’adore la pop légère de The Bird and the Bee. J’ai adoré aussi l’album orchestral d’Inara George. Sacrée nénette celle-là…! Pour ce qui est des hypes indie, je suis fan de Kaki King, de Grizzly Bear. J’aime aussi les frères Nourallah, les frères Felice.
Je suis très admiratif enfin de Justin Townes Earle, fils de Steve Earle. Ce gars a de l’or dans les doigts et dans la voix. Je ne prête pas toujours assez d’importance aux textes mais les siens me prennent aux tripes à cause de leur réalisme banal. J’y retrouve une ambiance proche de celle des romans de Fante. Ça se passe à la maison, dans la cuisine, papa et maman sont là et l’air est lourd. Et puis j’attends avec une impatience féroce un nouvel album de Teenage Fanclub qui viendra un jour prochain… peut-être.

Suivre aussi :
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cover here and now01- Ten minutes ago
02- Can you see love
03- Floods
04- No talk no love
05- Untitled1
06- Patchouli
07- 30 years 66 days
08- The man who told stories
09- 21st century bitch
10- Forbid
11- Wood
12- Cardboard

interview: Sylvia Hanschneckenbühl (part 2)

photo: Sylvia Hanschneckenbühl

Comment fait-on aujourd’hui pour faire exister physiquement un album sans l’appui d’un label ?

On se démerde pour avoir des sous de côté. Faire presser un disque est simple, et pas si cher que ça. On tape « pressage disques » sur Google, on compare les prix, on passe commande directement via Internet, on envoie le master par la poste et une semaine plus tard l’album arrive, dans son petit camion UPS. Après, il faut pouvoir le distribuer. Moi, pour l’instant, je le vends sous le manteau.
J’ai trouvé un distributeur numérique, j’aurai un pourcentage sur les ventes, peut-être qu’ils feront un peu de promo, aussi… Ils me l’ont promis, mais je ne fais pas des masses confiance aux hommes d’affaire.
Il y a aussi un site chouette, Pop Only Knows, qui va vendre l’album en téléchargement et aussi sous forme physique. On trouve facilement un distributeur en numérique, ça ne leur coûte rien, et ça peut leur rapporter pas mal de thunes.

Présentes-tu cet album à des labels actuellement ?

Non. Je n’ai pas le temps. J’aimerais bien qu’un petit label vienne tout seul me proposer ses services, avec son petit chéquier.

Comment en fais-tu la promotion ?

A l’arrache. J’envoie ça à la presse. Je suis hôtesse d’accueil dans une boîte d’édition de presse, du coup je sais un peu comment ça marche. J’essaie de n’être pas trop agressive genre gros plan marketing. J’ai aussi énormément d’amis musiciens, on se retrouve dans les mêmes bars, et aux mêmes concerts. Il y a une sorte de petite scène, à Paris. Facebook facilite tout ça. Il y a Myspace aussi.


J’ai lu quelque part que tu regrettais finalement de ne pas l’avoir proposé dans un boitier cristal. Pour quelle raison ?

Je n’ai pas fait mettre le disque dans un boîtier cristal parce que c’était plus cher, pas pratique à envoyer par la poste, pas écologique, etc. Mais finalement j’aurais dû, parce que psychologiquement, on est conditionné à croire qu’un disque dans un emballage carton tout con, c’est une démo. Il y a des gens qui ont été surpris qu’il y ait 12 titres !
C’est valable pour n’importe quel produit qu’on met sur le marché : il faut que ça ait de la gueule. Si ça se voit que le truc a été fait avec peu de moyens, les gens ne vont pas le prendre au sérieux. Et, malheureusement, un album reste un produit.

Sauf pour les professionnels, puisque tous les cds promos sont envoyés comme ça.

Oui, mais les CD promos sont envoyés avant la sortie réelle de l’album… Et ils sont accompagnés d’une bio, d’une revue de presse, ils ont des références. Je suis certaine qu’un Coldplay dans son bout de plastique blanc sera écouté avec plus d’attention que le premier album d’un groupe inconnu d’Isle-les-Meldeuses proposé dans le même bout de plastique.

Peux-tu nous parler du visuel ?

Le dessin de la pochette est un brouillon, que j’avais fait au pastel sec sur mon carnet de croquis quand j’étais en premier année d’arts plastiques à la fac. Beaucoup de gens, à l’époque, y ont vu une foufoune; maintenant, d’autres gens y voient une rose. En vérité, c’est un truc abstrait qui s’inspirait du tableau The Deep de Pollock. Comme un gouffre, une plaie, ou quelque chose comme ça.
J’aime beaucoup utiliser le rose, ça me vient de Courtney Love. Le rose, c’est à prendre au second degré, le côté girly-petite-fille-Barbie.

Tu fais de la photographie aussi.

En fait je ne dessine plus du tout, je suis passée à la photo, c’est plus rapide et ça salit moins les vêtements.

Tu as une prédéliction pour les frîches industrielles, les grandes cheminées. Est-ce parce que tu as grandi dans une région dédiée à la Sidérurgie ?

Oui, certainement. La région d’où je viens a connu une époque franchement prospère grâce à la sidérurgie, des gens immigraient de partout, de Pologne, d’Italie, du Maghreb, pour venir travailler en Moselle. Maintenant les usines sont presque toutes fermées et celles qui tournent encore le font à perte. On se retrouve alors dans des centres-ville dont les magasins sont tous fermés, dans des villes qui semblent mortes. C’est un peu the rise and fall of the Moselle. Mais je ne photographie pas ces friches uniquement par amour du patrimoine. C’est surtout que j’ai tendance à beaucoup m’attacher aux lieux. Et puis, j’ai passé mon adolescence à faire des trajets Moselle-Seine et Marne, à l’arrière de la voiture. Il n’y avait rien d’autre à faire que de regarder le paysage. Alors j’ai fini par savoir le regarder, par en voir la beauté.

Tu chantes en anglais. Est-ce une façon de dire les choses tout en se protégeant ?

Sans doute, oui. Mais la raison principale pour laquelle je chante en anglais, c’est que je n’écoute principalement que de la musique chantée en anglais. Et puis franchement, entre nous, le rock en français… Cela m’évoque toujours des horreurs comme Saez ou Cali. Je crois que la langue française a des sonorités qui ne sont pas faites pour le rock.
C’est marrant, Vincent Palmer m’a carrément engueulée parce que je ne chantais pas en français. Il y a des gens qui soutiennent mordicus qu’on doit chanter dans sa langue maternelle. Mais honnêtement, est-ce que Still Lovin’ You aurait connu un tel succès avec des paroles en allemand ?

Qu’est-ce qui donne naissance à une chanson ?

C’est différent pour chaque chanson. Mais, en général, je pars d’une idée, ou plutôt d’un état d’esprit. Parfois je prends la guitare et un enchaînement d’accords, puis une mélodie, viennent tout de suite et correspondent à cet état d’esprit. Je n’écris les paroles qu’une fois que j’ai cette mélodie. Ça a été le cas pour Salt & Wine par exemple.
D’autres fois le concept traîne des mois dans ma tête, voir des années, et un beau jour, je joue un truc au hasard, et l’idée d’associer cette nouvelle mélodie avec le fameux concept s’impose.
Iris, par exemple, je ne l’ai pas composée. J’avais des bouts du texte sous forme de poèmes en français. Je voulais en faire une chanson, mais je n’avais jamais été capable de composer cette chanson. Et puis un ami m’a fait écouter une vieille démo à lui, j’ai adoré et j’ai voulu chanter le texte d’Iris dessus. Il a été sympa, il m’a laissé reprendre sa composition.

Envisages-tu de faire de la scène ?

C’est compliqué. Il est hors de question que je recrute un backing band pour jouer l’album sur scène. Je n’aime pas beaucoup obliger des musiciens à jouer des parties précises. Par contre, j’ai le projet de former un groupe. Dans lequel je ne serai pas la seule à composer. Ce sera beaucoup plus spontané, et plus rock que l’album. Mais comme rien n’est encore officiel je préfère ne pas trop en parler.

Qu’est-ce que tu te souhaites pour les 10 années à venir ?

Je me souhaite de pouvoir continuer à faire de la musique. Avoir un groupe avec des gens cools dedans, et jouer une musique gratifiante, dans des endroits pas trop pourris. Je ne veux plus avoir à jouer dans les caves de restaus couscous dont les patrons refusent de vous filer des boissons.
Globalement, je souhaite surtout ne pas devenir une vieille conne aigrie, et que mes amis ne deviennent pas des cons non plus et ne se mettent pas à faire des enfants. Et je crois que c’est tout. J’essaie de ne pas demander trop, histoire de ne pas être déçue.

Interview première partie…

** Un de mes amis me fit remarquer que la voix de Sylvia rappelait parfois celle de l’une des membres de Sidi Bou Said.

Suivre aussi :
http://www.myspace.com/hanschneckenbuhl
http://www.cqfd.com/sylvia-hanschneckenbuhl
http://hanschneckenbuhl.over-blog.com/
http://hanschneckenbuhl.photos.20six.fr/

Le groupe sur FaceBook.

Sylvia sur Parlhot .

http://www.myspace.com/temporaryjanuary
http://www.myspace.com/lafeline

cover sylvia h01- Welcome to a New Town
02- 17.30 Underground
03- Iris
04- Orange Juice
05- Nicely Stupid
06- Love song
07- Salt & Wine
08- Nationale 3
09- Untitled
10- Memory
11- Ending Music
12- The Old Drunk Song

http://www.pop-only-knows.fr/catalogue.html