The 8 Show est une série sud-coréenne créée par Han Jae-rim et diffusée sur Netflix. Elle est adaptée de deux webtoons, Money Game et Pie Game, de Bae Jin-soo. Elle a été produite pour faire patienter les téléspectateurs qui avaient adoré Squid Game (autre série sud-coréenne au succès fulgurant).
De fait, le scénario est très similaire à celui de Squid Game : huit personnes, financièrement désespérées, sont invitées à participer à un jeu télévisé dont il ne connaissent pas les règles. Ils se retrouvent enfermés dans un studio, scrutés par des caméras, où chacun dispose d'une pièce attitrée dans un immeuble. Face à l'immeuble, il y a un immense chronomètre qui compte à rebours. Le jeu s'arrête quand il atteint 0. Dans leur pièce attitrée, les candidats, eux, disposent d'un autre compteur : celui de leurs gains. Le principe va alors être simple : rester le plus longtemps pour gagner le plus d'argent possible.
Mais ce que les candidats ne savent pas au départ, c'est que les gains ne s'accumulent pas de manière équitable ! Le candidat du 1er étage gagne de l'argent 100 fois moins vite que la candidate du 8è étage... Les candidats doivent donc distraire suffisamment les spectateurs pour que ces derniers augmentent régulièrement le chronomètre et que le jeu soit prolongé. Evidemment la situation va très vite dégénérer et la surenchère violente et sadique va bientôt apparaître.
Cette série est évidemment une critique lucide et crue d'une société pervertie par l'argent (voire une critique du capitalisme lui-même), mais également un point de vue très pertinent sur le pouvoir, la facilité d'en abuser, et le fatalisme de ceux qui s'y soumettent volontairement.
Là où les scénaristes ont été très intelligents, c'est qu'il ont pris le parti de ne rester qu'avec les 8 personnages, en vase clos, sans faire intervenir les producteurs du jeu : ainsi, dans ce contexte inique, certes, les 8 candidats restent les seuls responsables de leurs actes. Et c'est en cela que la série est assez vertigineuse.
The 8 Show créé des monstres sous nos yeux... monstres pour qui on éprouve pourtant encore de l'empathie.
On retrouve dans la série de nombreuses références cinématographiques, Orange Mécanique en premier lieu, autant sur le fond que sur la forme, mais également du David Lynch dans la poésie visuelle, ou encore Battle Royale dont l'ultra violence mettait en lumière les dérives d'une société hyper compétitive.
D'abord mise en scène comme une comédie, The 8 Show s'assombrit au fil des épisodes pour devenir quasiment un film d'horreur. Le montage est virtuose et précis, la photographie est splendide et le jeu des acteurs est remarquable.
Là où Squid Game (à qui elle ne cessera d'être comparée) est un thriller moraliste qui joue vainement la carte de la surenchère pour que le spectateur ne s'ennuie pas, The 8 Show est bien plus pertinente dans sa critique sociétale, bien plus recherchée esthétiquement et bien plus dérangeante philosophiquement.
Bande annonce de la série
The 8 Show (더 에이트 쇼 ) 2024 - Corée du Sud Créée par : Han Jae-rim Casting : Ryu Jun-yeol ; Cheon Woo-hee ; Park Jeong-min ; Lee Yul-eum ; Park Hae-joon ; Lee Zoo-young ; Moon Jeong-hee ; Bae Seong-woo
Astérix et Obélix : le combat des chefs est une nouvelle série d'animation créée par Alain Chabat et qui sortira sur Netflix dès le 30 avril 2025.
Rien que dans la bande annonce on retrouve l'humour décalé qui avait fait le succès du film Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, déjà réalisé par Chabat il y a 23 ans.
La série s'inspire de l'album d'Uderzo et Goscinny publié en 1966, tout en prenant des libertés, comme c'est le cas à chaque nouvelle production de la franchise.
Elle raconte l'histoire de Panoramix le druide du village gaulois qui vient à perdre la tête et en oublie la formule de la potion magique. César y voit une opportunité unique : provoquer un combat des chefs, et en cas de défaite, le village des irréductibles gaulois devra se rendre à l'envahisseur...
À L'aube de L'Amérique (American Primeval) 2025 - USA Créée par Mark L. Smith Réalisation : Peter Berg Distribution : Betty Gilpin, Taylor Kitsch, Dane DeHaan, Saura Lightfoot-Leon, Derek Hinkey, Joe Tippett, Jai Courtney, Preston Mota, Shawnee Pourier, Shea Whigham
À L'aube de L'Amérique est un western réalisé par Peter Berg en 6 épisodes, diffusé sur Netflix depuis le 9 janvier.
Il raconte un épisode avéré de l'Histoire de la conquête de l'Ouest : le massacre de Mountain Meadows, au cours duquel une milice mormone qui souhaitait à tout prix préserver "son" territoire a assassiné plus d'une centaine d'immigrants qui se dirigeaient vers la Californie.
L'intrigue est centrée sur Sara Rowell (Betty Gilpin, formidable) une veuve de l'Est des USA, qui désire à tout prix rejoindre le père de son fils Devin (Preston Mota), à l'Ouest, au delà des Montagnes Rocheuses. Elle fait alors appel à Isaac Reed (le ténébreux Taylor Kitsch), un montagnard expérimenté et élevé par le peuple Shoshone, qui l'aidera à échapper aux multiples dangers qui les guettent dans leur périple. Et en effet, les dangers ne manquent pas : Indiens Païutes, pilleurs français, mormons fanatiques, chasseurs de prime, loups...
À L'aube de L'Amérique est une série brutale. Rien n'est épargné aux yeux des spectateurs : des blessures sanglantes à l'équarrissage des bêtes, en passant par la saleté des personnages.. Mais pourtant la photographie de Jacques Jouffret est superbe. L'intrigue se déroule en hiver, les plans sont donc souvent en nuances de gris. D'ailleurs les couleurs sont toutes désaturées, le sang omniprésent n'est jamais rouge, il est brun voire noir, la poussière, les ciels, sont gris. Les scènes d'action sont filmées en grand angle, caméra à l'épaule comme dans un reportage de guerre. Les flèches de indiens fusent partout, extrêmement vite et leur provenance est toujours impossible à déceler. Le casting est parfait : au delà des deux personnages principaux, le réalisateur a su trouver des "gueules" pour les personnages secondaires. Le scénario est également bien écrit : il creuse non seulement la psychologie des personnages principaux, mais il approfondit également l'histoire des personnages secondaires en croisant les différentes intrigues.
Preston Mota et Betty Gilpin
Mais, car il y a un mais, il manque un élément crucial à cette série : une forme de sincérité. Toutes les cases sont cochées pour faire de ce western la série idéale de 2025 : le réalisme des images et des situations, le propos politique progressiste, le regard respectueux envers les amérindiens, le rejet du fanatisme religieux... et finalement tout ceci est un peu trop attendu. Cela manque cruellement de subversion.
Paradoxalement cette série si violente est un peu trop consensuelle.
À L'aube de L'Amérique reste un bon western, mais loin d'égaler Godless ou 1883.
Le second préquel de Yellowstone (après 1883) sera de retour le 23 février 2025 sur Paramount+.
Il aura fallu attendre deux ans avant de retrouver les ancêtres de John Dutton III ; un délai essentiellement dû à la grève de la Writers Guild of America qui débuta en mai 2023.
La saison 2 de 1923, toujours chapeautée par le stakhanoviste Taylor Sheridan, son créateur, mettra en scène trois intrigues : l'adversité rencontrée par Jacob et Cara pour sauvegarder leur ranch (un sujet qui nourrit aussi les cinq saisons de Yellowstone), le voyage de retour de Spencer, fils voyageur (il vécu en Afrique après la Première Guerre Mondiale) qui doit rejoindre sa famille afin de l'aider à conserver son héritage, et celui d'Alexandra qui doit retrouver Spencer après leur séparation lors de leur retour en bateau vers l'Angleterre.
Le casting est toujours servi par :
Harrison Ford (Jacob) et Helen Mirren (Cara), patriarches de la famille Dutton et stars du show ;
Brandon Sklenar (Spencer), acteur américain qu'il nous arrive parfois de confondre avec Glen Powell ;
Julia Schlaepfer (Alexandra), actrice à la filmographie encore mince, mais qui joua dans The Politician, une série diffusée sur Netflix ;
Jerome Flynn (Banner Creighton, berger écossais et adversaire des Dutton) ;
Timothy Dalton, homme d'affaire convoitant le ranch des Dutton ;
Darren Mann (Jack Dutton), acteur canadien vu dans The 100 et Animal Kingdom ;
Michelle Randolph (Liz, la fiancée de Jack), jeune actrice américaine que Sheridan a réemployée très récemment dans Landman, sa chronique pétrolière ayant Billy Bob Thornton comme protagoniste principal. ;
Isabel May (Elsa Dutton dans 1883), narratrice principale de la série.
Bonne nouvelle pour les Whovians de la planète Terre : l'arrivée de la saison 2 de Doctor Who est avancée au printemps 2025.
Et pour nous mettre l'eau à la bouche Disney nous propose un premier teaser, dévoilant le visage de sa nouvelle compagne Belinda Chandra, interprétée par Varada Sethu (vue dans Andor, série de la franchise Star Wars).
Dans ce très (trop) court teaser, l'ambiance est franchement inquiétante... Nul doute que le docteur aura encore affaire à des monstres à priori invincibles.
La question qui nous taraude ici : aura-t-il la chance de recroiser le beau Rogue...?
La série sera composée de 8 épisodes plus l'épisode de Noël sorti en décembre dernier. Le premier épisode est attenu pour le 29 mars 2025 sur Disney +. La plateforme diffusera ensuite un épisode par semaine.
Criminal 2019 - France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne (2 saisons) Créée par Kay Smith et Jim Field Smith Distribution: Nathalie Baye, Jérémie Renier, Sara Giraudeau, Emma Suárez, Carmen Machi, David Tennant, Kit Harington, Kunal Nayyar, Sophie Okonedo, Eva Meckbach, Sylvester Groth
Criminal est une série… non, Criminal ce sont des séries, britannique, allemande, espagnole et française diffusées sur Netflix.
Comme leur titre le laisse entendre, ce sont des séries policières. A chaque épisode un interrogatoire est mené par une équipe d’enquêteurs tenaces et efficaces pour aboutir à la vérité.
Mais la grande particularité de ces séries, ce sont leur unique décor : la salle d’interrogatoire et la salle d’écoute derrière un miroir sans tain.
Les quatre séries ont été tournées dans ce décor construit dans des studios madrilènes et cette unité de lieu se ressent évidemment à l’image. Mais dans chacun des pays, l’équipe technique change, les acteurs changent et les scénarios s’adaptent à la législation locale… Chaque pays a une unique équipe de policiers, aux relations plus ou moins bancales, mais au professionnalisme sans faille. Le défilé des accusés est l’occasion de recevoir quelques têtes d’affiche pour un épisode comme Nathalie Baye, David Tennant (mémorable Dr Who), Peter Kurth (vu dans Babylon Berlin) ou Kit Harrington (Monsieur « winter is coming » de Games of Thrones)…
Dans une série comme celle-ci, les huis clos sont l’occasion de faire la part belle aux performances d’acteur, aux dialogues précis et aux scénarios inattendus. Evidemment les épisodes ne sont pas toujours au même niveau, c’est un peu la loi du genre, mais certains en particulier ont retenu toute notre attention.
Émilie (Criminal France, saison 1)
Sara Giraudeau
Interprétée par Sara Giraudeau, toute en charme et fragilité, Émilie raconte la nuit terrible qu’elle a passée au Bataclan avec son petit ami tué lors de l’attaque terroriste. Les enquêteurs, d’abord gênés de faire subir un énième interrogatoire à cette jeune victime, finissent par noter des incohérences dans les déclarations d’Émilie. Et petit à petit, l’étau se resserre, pour faire éclater la triste vérité. Un épisode tendu, des rapports de force qui ne cessent de bouger, Emilie se déroule à un rythme lent mais soutenu, sans laisser de respiration. Implacable et touchant.
Julia (Criminal UK, saison 2)
Sophie Okonedo
Dans cet épisode le rôle titre, interprété par la géniale Sophie Okonedo (déjà percutante dans la série Ratched, ou Slow Horses) est celui de Julia, la femme d’un meurtrier, interrogée comme témoin, au sujet d’un autre crime qu’aurait commis son mari. Ce qui est censé n’être qu’un témoignage de plus, à charge contre son mari, va s’avérer être le révélateur d’évènements totalement inattendus… Les enquêteurs vont se retrouver alors dans une position compliquée à tenir… Cet épisode est une marche de funambule : les policiers tentent le tout pour le tout pour ne pas faire de faux pas et laisser s’échapper un criminel. Troublant et brillant.
Sandeep (Criminal UK, saison 2)
Kunal Nayyar
Sandeep Singh, interprété par Kunal Nayyar (connu pour son rôle mutique de Raj dans la sitcom The Big Bang Theory) est un criminel incarcéré que l’on interroge à nouveau au sujet du meurtre d’une jeune femme.. Rapidement, il fournit un alibi indubitable et les enquêteurs s’apprêtent à le renvoyer dans sa prison. Mais Sandeep Singh tient à saisir cette opportunité : en échange d’informations cruciales (récoltées en prison) au sujet d’un autre crime, il veut renégocier la durée de sa peine. Dans cet épisode, c’est l’interprétation de Kunal Nayyar qui est saisissante. Sandeep est le moteur de l’interrogatoire : rusé, beau, sûr de lui, on ne le quitte pas des yeux un instant, comme hypnotisés par son discours. Fascinant et glaçant.
Bien sûr tous les accusés ne sont pas toujours coupables dans Criminal, et les innocents ne sont pas toujours sympathiques. La seule constante c’est la révélation de la vérité à chaque épisode.
Un exercice de style réussi, et l’on aimerait voir une saison 2 également pour les versions françaises, allemandes et espagnoles…